Les cygnes font partie de ces oiseaux qui migrent en fonction des changements climatiques.

Les cygnes font partie de ces oiseaux qui migrent en fonction des changements climatiques.

©Adobe Stock - Delmas Lehman

En observant le ciel, il vous est sûrement déjà arrivé d’apercevoir des nuées d’oiseaux se mouvoir à toute vitesse à travers les nuages. Chaque année, au gré des saisons, poussés par des raisons climatiques, des milliers de volatiles quittent ainsi leur cadre de vie habituel pour rejoindre d’autres terres, dans le but d’assurer leur survie et leur reproduction. Ce phénomène s’appelle la migration des oiseaux.

C’est en général à partir du mois d’octobre que les oiseaux débutent leur migration annuelle, avec un départ en deux temps. Au moment du coucher du soleil, c’est tout d’abord un premier groupe d’oiseaux qui prend le large, se réunissant dans le ciel tel un essaim d’abeilles. On parle dans ce cas de migration nocturne. Ce n’est que plus tard, dès les premières lueurs de l’aube que le second groupe prend la route à son tour, tout aussi bondé. Il s’agit là de la migration diurne. Après cet envol, débute véritablement le grand voyage. Grand voyage, car souvent, les oiseaux migrateurs doivent parcourir de très longues distances pour atteindre la terre promise. Enfin, arrive la dernière étape de la migration qui consiste tout simplement en un retour au point de départ, entre février et début mai.

Des kilomètres de vol

 La Sterne arctique parcourt près de 80 000 kilomètres lors de sa migration annuelle.

La Sterne arctique parcourt près de 80 000 kilomètres lors de sa migration annuelle.

©Adobe Stock - Halldor Eiriksson

Deux cent jours, soit six mois de vol. C’est la durée pendant laquelle le martinet à ventre blanc a volé pour sa migration. Et il est loin d’être le seul à avoir battu des records. L’hirondelle des fenêtres (ou de cheminée) par exemple, traverse jusqu’à 10 000 km chaque année pour rejoindre l’Afrique du Sud depuis l’Europe, des fois sans marquer de pause. Surprenant n’est-ce pas pour un animal d’une taille aussi menue ? Tout aussi petit, le coucou gris quant à lui se démarque avec quelques 8 500 km, mais le traquet motteux le surpasse avec un record de 14 600 km. La championne incontestée reste cependant la Sterne arctique qui effectue plus de 80 000 km de trajets migratoires. Mais ne vous y méprenez pas. Pour réaliser de tels exploits, les oiseaux suivent une bonne préparation au préalable. Avant le grand départ, ils accumulent d’importantes quantités d’énergie et pendant leur tournée, ne manquent pas de se reposer et de manger des produits halieutiques pour reprendre des forces.

Un exode climatique

Les raisons de cet exode sont surtout d’ordre climatique. Avec l’arrivée de l’automne, les températures chutent, les feuilles abandonnent les arbres et les ressources alimentaires s’amenuisent. La longueur des jours diminue et les couleurs de l’été laissent place à la grisaille automnale. En conséquence, les oiseaux rencontrent de plus en plus de difficultés pour se nourrir. Leur solution pour survivre ? Quitter les zones tempérées nordiques pour rejoindre les terres méridionales, bien plus chaudes et propices à un approvisionnement alimentaire régulier. Mais malheureusement, le parcours pour rejoindre cet eldorado où se jouera leur survie est des plus périlleux.

Un voyage plein d'obstacles

 Pendant leur périple, les pigeons migrateurs rencontrent plusieurs obstacles.

Pendant leur périple, les pigeons migrateurs rencontrent plusieurs obstacles.

©Adobe Stock - Zacarias da Mata

Au cours de leur voyage, les oiseaux migrateurs sont confrontés à d’innombrables difficultés. Long et parsemé d’embûches (montagnes, littoraux, lignes électriques…), l’itinéraire pour atteindre leur futur repaire est rarement en adéquation avec leurs capacités, ce qui n’est pas sans causer des incidents. Les zones tempérées, pour illustration, ne sont pas simples à franchir, notamment pour les oisillons qui, à la moindre imprudence peuvent voir leur chemin s’arrêter. De plus, pendant leur migration, certains sont régulièrement les proies de chasseurs et de rapaces tels que l'Épervier d’Europe ou le Faucon d'Eléonore, qui n’hésitent pas à contrecarrer leur route. Puis vient ensuite la question des repères et de l’orientation, essentiels pour que nos itinérants arrivent à bon port. Malheureusement affectés par la pollution lumineuse, certains oiseaux, déboussolés, s’égarent et se retrouvent en fin de parcours à des kilomètres de leur destination initiale. Eh oui, la migration des oiseaux n’est pas un voyage de tout repos !

De véritables globe-trotteurs

 Si vous ne l'apercevez plus dans le lac où il a ses habitudes, c'est que le canard colvert est lui aussi parti en voyage.

Si vous ne l'apercevez plus dans le lac où il a ses habitudes, c'est que le canard colvert est lui aussi parti en voyage.

©Adobe Stock - Michael Ireland

S’ils sont nombreux à prendre le large dès le début de la période hivernale, il faut savoir que tous les pèlerins du ciel ne sont pas contraints à la migration. C’est le cas par exemple du moineau et de la mésange qui trouvent aisément de quoi se nourrir tout au long de l’année dans leurs milieux de vie : c’est à dire, les villes pour le premier et les forêts pour le second. Par opposition aux oiseaux migrateurs, ces deux espèces appartiennent à la catégorie des oiseaux sédentaires au même titre que le geai des chênes et la corneille noire.

Parmi les oiseaux migrateurs les plus connus, on trouve en premier lieu les cigognes blanches, qui abandonnent la grisaille de l’Europe pour poser leur valise en Afrique (Niger, Tchad, Mali etc.). La ravissante bernache à cou roux s’envole pour sa part vers les côtes de la mer noire, tandis que les étourneaux sansonnets se rendent généralement en Espagne et en Italie, livrant à chacun de leur passage un impressionnant ballet aérien dans le ciel. Le célèbre canard colvert que l’on aperçoit souvent dans les lacs n’est, lui, pas un grand adepte de la migration, mais il n’est pas rare de le voir se diriger vers le sud pour hiverner. Un parcours similaire à celui de son ami le pigeon ramier, autre habitué des espaces urbains, qui préfère l’Espagne ou le Portugal pour sa retraite hivernale. Ces oiseaux sont résolument de grands voyageurs !

    

Bon plan

Le déplacement des oiseaux migrateurs dans le ciel est un spectacle à ne pas manquer. Il existe d’ailleurs de nombreux endroits où vous pouvez les apercevoir : la Réserve Ornithologique du Teich, en Gironde par exemple, ou pour profiter d’une vue imbattable, la Réserve de la biosphère du parc national des Cévennes, en Lozère.

Ecrit par

Marc-Emmanuel Adjou

  • En savoir plus ?
  • Comprendre

Relevez les noms d’oiseaux mentionnés dans l’article, et montrez des images aux petits afin qu’ils puissent les reconnaître.

Si vos enfants manifestent un intérêt pour l’ornithologie, vous pouvez leur offrir “Le Petit guide ornitho : Observer et identifier les oiseaux” de Jean Chevallier et Marc Duquet, un recueil idéal pour se familiariser avec le peuple du ciel.